Effluves et dénuements

Je vous parle d'un autre monde, le vôtre (Louis Scutenaire)

Qui suis-je vraiment ?   Je ne m’en souviens plus très bien.  Personne de connu.  Non conformiste par mégarde.  Désabusé.  Submergé par l'absence et l'ennui...

Je vous parlerai peut-être de poésie, de découvertes littéraires étonnantes, de curiosités jouissives, métissées.  Je vous accueillerais dans l'intimité de ma bibliothèque, un mélange de genres pour interroger notre société, notre passé et notre avenir, nos sens et nos rêves...

Mais,  je vous parlerai aussi de moi et de ma vertigineuse subjectivité.  J’ai regroupés ces quelques pages sous la rubrique « Brouillard à perte de vue ».  Quelqu’une m’a écrit : "le ton de ces billets est vraiment « trop désespéré ; tu vas décourager tes abonnés.  La désespérance systématique, ce n'est pas bon par les temps qui courent... "

J’aime les risques et je subodore que les considérations sur la lecture, la poésie, l’écriture et autres formes d’expressions culturelles auront un quelconque intérêt…

 

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10 juillet 2018

Je me sens téléporté vers le désir

Je me sens téléporté vers tes yeux

Présences égarées

Coulées de rêves

Aux ciels des hasards

.

Je me sens téléporté vers tes seins

La moitié de ma sève

Étoiles de mes nuits

Lagons libidineux

Vrilles qui me relient à la vie

 

 Je me sens téléporté vers ta peau

L’autre moitié

Écrin de velours

Brasier de murmures

Et chambre d’ingérences ambigües

 

Mille indécences frissonnent

M’emplissent les narines

Annoncent des caresses

Des sexes humides

À jamais interdits

 

Je me sens téléporté vers ton âme

Ma pierre philosophale

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08 juillet 2018

Cette poussière qui rôde irrédentiste

Ouvrir la fenêtre à tout ce passé qui revient. De là-bas. Là-bas où il y a la mer. Là-bas où les oiseaux peuvent voir la mer écumeuse. L’eau qui devient trouble sous la transparence du ciel. Un miroitement de lumière. Sans ombre.

Là-bas où le vent fait ce qu’il peut. Il se noie dans les flots assourdissants.

Me voilà désemparé.

Dans le frais de la nuit, je titube. Tourmenté par mon imagination forcenée. Créature désincarnée. J’ai dilapidé l’aurore. Au-delà de l’Etna somptueux. Quelle solitude que la mienne. Je mesure le silence et je pique à la dérive. Le souvenir est mon unique confort. Le songe seul me captive.

Être de retour. Ô Méditerranée, beauté trop vaste, à l’insoutenable parfum de basilic ! Cœur éclaté je parle à mes racines. Et, si le passé n’était qu’une imposture ? Et si l’ardent sentier de l’île aux pins n’exhale plus l’odeur des floraisons d’Astarté ? Et si les barques menacent ruine ?

Miroir, mon bon miroir, éloge de l’enfance, leurre divin, chantre qui sustente dans la clarté des yeux, déverse, dans l’excès de ta richesse, ces refrains de jadis, doux comme le vin.

Je ne peux réprimer un frisson. La chair moite. J’ai perdu toute notion de temps, ma volonté anesthésiée. Nuit froide. Ciel d’acier. Silence parfait. Loin de tout monde. Rien ne me ramène à la réalité…

AMARA TERRA MIA

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06 juillet 2018

Occhi di ragazza

Aveva un occhio che sorrideva
Che lasciava andare a destra, a sinistra
Un occhio che indigava 
Una lunga passeggiata a occhi vuoti

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03 juillet 2018

Masturbez-moi

Prenez un mot
Prenez-en deux
Même répétitifs ou graveleux
Loufoques ou surréalistes
Mots arrachés au vent
Fourrés de silence
Mots détournés
Qui déplacent arbres et rochers
Masturbez-moi

Étourdissez-moi
Complètement
Que s’échappe le temps
Prose ou poésie
Mots incubes
La langue au galop
Verte de rage
Installez le désordre dans mon esprit
Broyez cette veulerie morale
Masturbez-moi

Alors, viendra l’extase
L’évidence
La plus essentielle des visions
La folie de ce monde

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01 juillet 2018

Ta poésie, ma nécessité

Suspendu à la palinka
Je n’ai rien trouvé de mieux
Pour loger ton ciel
Et aiguiser mes caprices
Que tes poèmes
Que je baise au crépuscule
Que je sniffe
Jusqu’aux parfums les plus délétères

Tes poèmes
Rouleaux aux affinités afflectives
Escales de mes instantanés
Se sont posés sur moi
Par petits bouts
Et je reste arrimé
Au regard de tes yeux
Aux miroirs de tes mots
Dans l’espace que tu m’as choisi
Starter bloqué.

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30 juin 2018

Précis de décomposition

Istvan n’existe pas.  Vous pensez le connaître, vous croyez le lire dans sa contrainte inavouée de poésie, dans ses quelques vers recollés dans une langue strictement délimitée.  Vous vous trompez.  Il n’existe pas.  Ou alors, à l’état de cryogénisation.  En attente de résurrection.

Dans la rue il marche.  Il suit le mouvement.  Il soupire, profondément, son défaut de prédilection. Il parle. Veut se faire entendre.  Dissocié de toute logique.  Spécule sur la pitié qu’inspirent ses intériorisations crépusculaires, son pouvoir d’autodestruction, spécule sur la  gloire posthume, sur le mythe d’une reconnaissance de sa poésie un siècle trop tard, sur les particularités flagrantes, flatteuses, cynique de cette poésie, sur le potentiel de sa création littéraire, chaque jour plus incontournable….  

Il marche, au bord du précipice. Il marche.  Avec ses métastases.  Sans états d’âme.  Usé et inoffensif.  Il traverse des paysages sans manifester le moindre intérêt, consumé par des fragments de chants d’une autre époque.

Quel est son degré de normalité ?  Aucune.  Cela va sans dire, car il n’existe pas.  Il semble bien vivant, puisqu’il marche, mais il n’existe pas.  Là réside le malentendu.  Hypothétique public, un peu de commisération serait la bienvenue, que diable…

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26 juin 2018

Circulez, y a rien à voir !

Dicton populaire : il y a des jours où on ferait  mieux de rester au lit.  Y a des matins où nous nous réveillons sans défense, caricature de soi-même, et  libres d’aller à la dérive.  La respiration s’étouffe.  On tremble d’émotion.  Tout va mal.  C’est embarrassant.

Nos facultés d’analyse nous disent : Je suis toujours passé à côté de tout, je suis trop con, vraiment trop con.  Je sais bien que la vie a été moche avec moi ; je me suis laissé faire.  Sous quels décombres me suis-je enseveli ?  Comment échapper à la déraison ?   Non, ne me répondez pas, faîtes-moi l’aumône de votre incompréhension.

Dans cette vie artificielle, blasés, embourgeoisés, quand nos désirs nous échappent, quand on ne trouve plus la voie, et qu’on a perdu son propre chant, sa voix si particulière, on devrait refuser de laisser vaguer le désordre confortable de son esprit, surtout s’il illustre votre propre destin, reflet d’une solitude d’une ampleur abyssale.

Que me reste-t-il ?  Approche, faucille.  Ma part de temps semble écoulée.  Dans le désenchantement total.  Je ne me sens indispensable à personne.  Alors, on peut mourir.  Avec gourmandise.  Moi, le dernier des derniers. 

Si vous la rencontrez, dites le lui.

Sinéad O'Connor - Nothing Compares 2U [Official Music Video]

 

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25 juin 2018

Murmure lypémanique

Pourquoi regardes-tu si loin ?

Qu’y vois-tu ?

J’y vois un fragment indistinct

Des spectres du passé

Le courant invincible de la vie.

La béance du temps

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24 juin 2018

Je vous cracherai ma poésie

Entendez-vous ce que je dis ?

Vous
Qui entrez dans mon cœur sans raison
Puis le quittez sans raison
Je vous cracherai ma poésie
Mon théâtre démoniaque
Ma voix, ma musique
Des montagnes de mots

Avec une bouffée de plaisir
Je vous cracherai ma poésie
Égarée, sans élégance
Insaisissable et improbable
Jusqu’à douter de ma raison
Jusqu’à me réduire à néant
Que faire d’autre pour rester vivant ?

Posté par istvan à 22:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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