Dicton populaire : il y a des jours où on ferait  mieux de rester au lit.  Y a des matins où nous nous réveillons sans défense, caricature de soi-même, et  libres d’aller à la dérive.  La respiration s’étouffe.  On tremble d’émotion.  Tout va mal.  C’est embarrassant.

Nos facultés d’analyse nous disent : Je suis toujours passé à côté de tout, je suis trop con, vraiment trop con.  Je sais bien que la vie a été moche avec moi ; je me suis laissé faire.  Sous quels décombres me suis-je enseveli ?  Comment échapper à la déraison ?   Non, ne me répondez pas, faîtes-moi l’aumône de votre incompréhension.

Dans cette vie artificielle, blasés, embourgeoisés, quand nos désirs nous échappent, quand on ne trouve plus la voie, et qu’on a perdu son propre chant, sa voix si particulière, on devrait refuser de laisser vaguer le désordre confortable de son esprit, surtout s’il illustre votre propre destin, reflet d’une solitude d’une ampleur abyssale.

Que me reste-t-il ?  Approche, faucille.  Ma part de temps semble écoulée.  Dans le désenchantement total.  Je ne me sens indispensable à personne.  Alors, on peut mourir.  Avec gourmandise.  Moi, le dernier des derniers. 

Si vous la rencontrez, dites le lui.

Sinéad O'Connor - Nothing Compares 2U [Official Music Video]