Ouvrir la fenêtre à tout ce passé qui revient. De là-bas. Là-bas où il y a la mer. Là-bas où les oiseaux peuvent voir la mer écumeuse. L’eau qui devient trouble sous la transparence du ciel. Un miroitement de lumière. Sans ombre.

Là-bas où le vent fait ce qu’il peut. Il se noie dans les flots assourdissants.

Me voilà désemparé.

Dans le frais de la nuit, je titube. Tourmenté par mon imagination forcenée. Créature désincarnée. J’ai dilapidé l’aurore. Au-delà de l’Etna somptueux. Quelle solitude que la mienne. Je mesure le silence et je pique à la dérive. Le souvenir est mon unique confort. Le songe seul me captive.

Être de retour. Ô Méditerranée, beauté trop vaste, à l’insoutenable parfum de basilic ! Cœur éclaté je parle à mes racines. Et, si le passé n’était qu’une imposture ? Et si l’ardent sentier de l’île aux pins n’exhale plus l’odeur des floraisons d’Astarté ? Et si les barques menacent ruine ?

Miroir, mon bon miroir, éloge de l’enfance, leurre divin, chantre qui sustente dans la clarté des yeux, déverse, dans l’excès de ta richesse, ces refrains de jadis, doux comme le vin.

Je ne peux réprimer un frisson. La chair moite. J’ai perdu toute notion de temps, ma volonté anesthésiée. Nuit froide. Ciel d’acier. Silence parfait. Loin de tout monde. Rien ne me ramène à la réalité…

AMARA TERRA MIA